Installer deux abris de jardin de 5 m² sur un même terrain peut être une solution pratique pour disposer de davantage d’espace de rangement. Mais, la possibilité de réaliser ce projet dépend de plusieurs critères, notamment des règles d’urbanisme applicables, de l’implantation des abris et de leur surface totale.
Peut-on installer deux abris de jardin de 5m² sur le même terrain selon la réglementation en vigueur ?
Installer deux abris de jardin de 5 m² chacun sur une même parcelle est une question récurrente pour les propriétaires qui souhaitent optimiser leur espace de rangement. La réponse n’est pas aussi simple qu’un oui ou un non catégorique, car plusieurs règles d’urbanisme encadrent ce type d’installation.
La législation française en matière d’urbanisme considère la surface cumulée des abris présents sur le terrain, et pas seulement chaque construction prise isolément. Ainsi, si chaque abri de 5 m² est conforme individuellement, leur addition porte la surface totale à 10 m², ce qui dépasse le seuil de 5 m² à partir duquel une déclaration préalable de travaux devient obligatoire.
Cette déclaration préalable, qui doit être effectuée via le formulaire Cerfa 13703, vise à informer la mairie du projet et à assurer sa conformité avec le Plan Local d’Urbanisme (PLU). Il est donc essentiel de vérifier en amont ce PLU, disponible généralement en mairie ou en ligne sur des plateformes , car il fixe des règles spécifiques pouvant aller au-delà des normes nationales.
Ces prescriptions concernent les matériaux autorisés, les couleurs, la hauteur des abris, ainsi que les distances minimales à respecter par rapport aux limites du terrain, souvent 3 mètres, mais pouvant être différentes selon la commune.
Un exemple parlant concerne un propriétaire qui installe un premier abri de 5 m² en 2025, puis un second identique deux années plus tard. Même si les installations sont séparées dans le temps, lors d’un contrôle, l’administration tient compte de la surface cumulée au moment de l’inspection.
Cela signifie que la démarche de déclaration préalable aurait dû être anticipée avant la pose du second abri. En cas de non-respect, des sanctions financières, voire la demande de remise en état du terrain, peuvent être prononcées.
Il faut enfin noter que ces règles ne s’appliquent pas uniquement à l’emprise au sol, soit la projection verticale au sol, mais aussi à la surface de plancher intérieure quand l’abri atteint une hauteur sous plafond d’au moins 1,80 mètre. Certaines configurations d’abris avec toit et parois fixes peuvent donc engendrer une lecture différente de la surface prise en compte par la mairie.
Comprendre les implications du cumul des surfaces pour deux abris de jardin de 5m²
Lorsqu’un propriétaire souhaite installer plusieurs abris de jardin, la notion de cumul des surfaces est au cœur de la réglementation. L’administration ne considère pas chaque construction comme un élément isolé, mais elle additionne toutes les annexes sur une même parcelle pour déterminer le régime d’autorisation applicable.
Cette procédure inclut non seulement les abris de jardin, mais aussi les garages non attenants, les serres fermées, et parfois même certains auvents. Le calcul du cumul dépend de la nature des constructions. Pour des structures légères et ouvertes, l’emprise au sol est la donnée la plus souvent retenue.

Cependant, pour des abris clos et couverts avec une hauteur sous plafond supérieure à 1,80 m, la surface de plancher est utilisée. Ce paramètre est important, car il influence la déclaration administrative et l’échelle des taxes à payer. Par exemple, un abri de 5 m² avec une hauteur de 2 mètres sera considéré différemment d’un simple bac de rangement couvert par une toile.
Les autorités urbaines tiennent également compte de la temporalité des installations. Il ne suffit pas d’étaler la pose des abris pour échapper à une déclaration préalable si, lors du contrôle, la surface totale excède le seuil légal. Par exemple, installer deux abris identiques côte à côte peut faire soupçonner une volonté de morceler artificiellement la surface pour éviter les formalités, ce qui peut aboutir à un refus ou une sanction.
La fonction des abris joue aussi un rôle : un cabanon destiné à un usage strictement de rangement est évalué différemment d’un atelier équipé en électricité, susceptible d’entraîner des normes supplémentaires.
L’implantation géographique a un poids stratégique ; certaines zones protégées près de monuments historiques ou en secteur sauvegardé imposent des contraintes sévères qui rendent l’obtention des autorisations plus délicate.
En pratique, l’écart physique entre deux abris, leur présentation matérielle (par exemple, un abri en bois d’un côté et un en métal de l’autre) et la justification d’usages distincts facilitent souvent la validation du dossier en mairie. Conserver des preuves documentaires solides comme des photos datées, les factures d’achat, ou un plan de masse exact est judicieux pour pouvoir se défendre en cas de contestation policière ou administrative.
Démarches administratives pour deux abris de jardin de 5m² : déclarations et permis
Si la surface cumulée des abris dépasse 5 m², la déclaration préalable de travaux est la démarche administrative standard à respecter. Le formulaire nommé Cerfa 13703, spécifique aux maisons individuelles et annexes, est le document à déposer en mairie.
Le dossier doit être complet et comprendre plusieurs pièces indispensables : un plan de situation qui indique précisément l’emplacement du terrain, un plan de masse localisant les abris par rapport aux limites de la propriété, ainsi que des plans en élévation et en coupe détaillant les hauteurs et matériaux utilisés.
A part les plans, une notice descriptive explicite les caractéristiques des constructions, comme le type de matériau, les couleurs choisies, et la gestion des eaux pluviales. Cette dernière est souvent un point névralgique, puisque les rejets doivent être évacués sans créer de nuisance ni de litiges avec les voisins. Photographier le terrain avant travaux permet de contextualiser le site et de montrer l’évolution de l’installation.

La mairie dispose d’un délai d’un mois pour instruire la demande de déclaration préalable. Passé ce délai, une absence de réponse équivaut à une acceptation tacite, autorisant ainsi le projet. Au-delà d’une surface cumulée de 20 m², la démarche évolue, nécessitant un permis de construire avec un délai d’instruction plus long, souvent de deux mois, et un dossier plus détaillé.
Des erreurs fréquentes peuvent compromettre la validité de la demande : oublier un plan de masse précis, ne pas décrire clairement la gestion des eaux pluviales, ou omettre la déclaration lorsque la surface cumulée impose un dossier. Ces manquements risquent un refus, une demande de pièce complémentaire, ou pire, un ordre de mise en conformité pouvant engendrer des frais matériels et financiers importants.
Respect du Plan Local d’Urbanisme (PLU), distances légales et zones protégées
Le PLU est un document fondamental qui définit les règles d’urbanisme applicables à votre terrain. Chaque commune peut y inscrire des prescriptions particulières concernant les abris de jardin, notamment en matière de surface maximale autorisée, de matériaux, de teintes, et surtout de distances à respecter vis-à-vis des limites séparatives.
En général, la distance commune requise est de 3 mètres, mais cette valeur peut être modifiée selon les spécificités locales. Dans certains secteurs particulièrement sensibles, comme les abords d’un monument historique ou les zones sauvegardées, l’intervention des Architectes des Bâtiments de France (ABF) est obligatoire.
Ce contrôle ajoute un délai au processus d’instruction, pouvant le porter à deux mois voire plus, mais surtout, il impose des normes esthétiques et techniques très strictes. Par exemple, un abri métallique peut être refusé au profit d’un modèle en bois ou en pierre naturelle pour s’intégrer au paysage.
Il faut vérifier si votre terrain est classé comme non constructible ou soumis à des contraintes environnementales. Dans ce cas, même des petits abris démontables peuvent nécessiter une autorisation expresse. Installer un abri sans cette validation risque non seulement un refus, mais également une obligation de démolition accompagnée d’amendes significatives.
Une démarche souvent oubliée est la demande gratuite d’un certificat d’urbanisme opérationnel. Ce document permet de figer les règles applicables pendant 18 mois, garantissant au propriétaire que les informations recueillies sur les droits d’urbanisme ne changeront pas à court terme. Cela sécurise donc l’investissement, surtout dans les zones où le PLU est susceptible d’être modifié.
Enfin, respecter la gestion des eaux pluviales est un point souvent vérifié en mairie. Le plan de masse doit intégrer des solutions d’évacuation ou d’infiltration conformes, évitant ainsi la rétention d’eau vers les propriétés voisines. Ces précautions évitent les conflits de voisinage et les procédures administratives longues et coûteuses.
